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Portrait de S. Hari

Pendant vingt ans, j’ai exercé le métier d’assistante dentaire. Une vie professionnelle que je n’imaginais pas devoir quitter un jour. Puis la vie en a décidé autrement, m’obligeant à emprunter un chemin que je n’avais pas choisi. Parfois, les détours imposés deviennent les débuts les plus inattendus.

C’est à l’approche de mes quarante ans que j’ai commencé à prendre l’écriture véritablement au sérieux. Une nouvelle porte s’ouvrait, là où je croyais en voir une se refermer. Les mots sont peu à peu devenus un espace de liberté, un moyen d’explorer ce qui se cache derrière les apparences, là où les certitudes vacillent et où les vérités ne sont jamais tout à fait celles que l’on croit.

Grande lectrice de thrillers et de polars, je nourris mon imaginaire aussi bien de livres que de séries où les esprits complexes occupent le premier rôle. Dexter, Esprits criminels… Ces univers m’attirent pour ce qu’ils révèlent de la psychologie humaine, de ses contradictions et de ses zones les plus obscures. Je m’intéresse aux mécanismes de l’esprit, à ces rouages parfois invisibles qui influencent nos décisions, nos réactions et nos relations. Comprendre, c’est aussi apprendre à se protéger.

Dans mes romans, j’aime jouer avec les perceptions, semer le doute et interroger ce que nous croyons savoir des autres. Car le danger ne porte pas toujours un visage inquiétant. Parfois, il se dissimule derrière un sourire familier, une parole rassurante ou une histoire parfaitement cohérente.

Mais ma vie ne se résume pas aux mystères que j’imagine. Je suis mariée à mon amour de jeunesse, et nous consacrons beaucoup de passion à la rénovation d’un corps de ferme alsacien, une aventure faite de patience, de poussière et de rêves qui prennent forme pierre après pierre. La danse moderne a longtemps occupé une place importante dans ma vie, et les chiens m’ont toujours accompagnée. Leur présence fidèle apporte un équilibre précieux à mes journées.

Il y a aussi les absences, celles qui nous façonnent silencieusement. J’ai perdu mon père à vingt ans. Certaines épreuves laissent en nous des traces que le temps n’efface pas vraiment, mais qui changent notre manière de regarder le monde.

Aujourd’hui, à travers S.HARI, je donne vie à des histoires où les apparences se fissurent, où les secrets remontent à la surface et où l’esprit humain demeure le plus fascinant des territoires à explorer.

Parce qu’au fond, ce qui m’intéresse n’est pas seulement de savoir qui a commis l’irréparable.

C’est de comprendre ce qui l’a rendu possible.

Elle écrit souvent tôt le matin ou tard le soir, quand la maison se tait, et ne se lasse jamais de rencontrer ses lecteurs lors des salons et séances de dédicaces.